La rénovation du Mirage 2000-D

Portrait de Joël-François DUMONT

Par Joël-François Dumont. Paris, le 7 juillet 2012.

Les rapports parlementaires, documents publics par excellence disponibles sur Internet, donnent trop souvent l'impression d'avoir été écrits pour des experts. Ceux du Sénat en matière de Défense et de politique étrangère, de par la qualité de l'information qui s'y trouve, semblent constituer une notable exception et gagneraient à plus largement diffusés. C'est sans doute la raison pour laquelle la presse française et étrangère et pas seulement la presse spécialisée, ont très largement commenté fin 2011 la publication des travaux des sénateurs de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, notamment, lors de la discussion du projet de loi de finances (PLF) 2012, relatifs aux crédits de la mission Défense. Quatre sénateurs, dont le président et trois vice-présidents, sénateurs UMP et PS avaient de concert courageusement dénoncé en séance publique une décision du ministère de la Défense, Gérard Longuet, jugée « financièrement désavantageuse, militairement contestable et industriellement hasardeuse » en matière de drones.[1] Nos Sénateurs ne s'étaient pas contentés de dénoncer une opération visant à acquérir un drone israélien, dont personne ne conteste aujourd'hui qu'il était beaucoup plus cher, sans même parler de "francisation" et surtout nettement moins performant que son concurrent américain qui, lui, vole de succès en succès, y compris à l'export en Europe (après l'Italie, la Grande-Bretagne, bientôt les Pays-Bas et l'Allemagne) sans oublier des "retombées" pour notre industrie qui étaient une vue de l'esprit.[2] Il est vrai que l'on était en période électorale ...[3] et que l'on s'apprêtait à rejouer deux précédents aussi fâcheux sur le plan technique que désastreux sur le plan militaire. Qui aura le courage politique d'admettre que si la France avait eu des drones MALE, la tragédie d'Uzbin en Afghanistan aurait pu nous être épargnée?[4


Vol de nuit d'un Mirage 2000

Dans leur rapport, nos courageux sénateurs ne s'étaient pas limités aux drones, mais à tous les matériels en dotation dans nos armées, en tirant quelques sonnettes d'alarme. L'une des plus importantes, déjà tirée en 2010, concernait l'urgente nécessité de rénover à mi-vie notre flotte de Mirage 2000-D, sous peine d'envoyer à la casse le tiers de l'aviation française de combat. Analyse et documents : Joël-François Dumont.© Paris, le 7 juillet 2012.


Daniel Reiner (PS), vice-président de la Commission de la défense et des forces armées

Pour Daniel Reiner, sénateur de Meurthe-et-Moselle (PS), vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat et co-auteur du rapport pour avis de la commission des Affaires étrangères, « La livraison par anticipation des Rafale a donc ponctuellement grevé le budget des équipements et a conduit au report du programme de rénovation des Mirage 2000-D, ce qui pourrait se traduire, dans le cas d’un report définitif, à une révision drastique à la baisse du format de notre armée de l’air. Or, en matière d’équipements militaires si la qualité est importante, la quantité ne l’est pas moins. Il faut prendre garde à ne pas aboutir – pour des raisons industrielles - au format d’une armée de poche. »[5]  Intervenant en séance publique, les sénateurs Jacques Gautier, orateur du groupe UMP et Daniel Reiner, orateur du groupe PS, étaient revenu à la charge sur ce sujet lors de la séance publique du lundi 28 novembre 2011.[6]


Bréguet Atlantique (ATL2) de la PATMAR

Ce problème de rénovation à mi-vie des parcs existants avait déjà fait l'objet d'un examen approfondi de la Commission en 2010. En 2011, on apprend que 26 hélicoptères Cougar sont concernés ainsi que 18 des 22 avions de la PATMAR et 46 Mirage 2000-D.[7]


26 AS532 Cougar sont également concernés (ici un Cougar version MKII)

Le 6 juillet, la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat avaient convoqué la presse pour parler de l'A400M. Répondant aux questions des journalistes, les sénateurs Reiner et Gautier ont confirmé leur intention de se battre lors de la prochaine discussion budgétaire 2012-2013 pour éviter un « véritable gâchis » en lançant la rénovation à mi-vie du Mirage 2000-D.


Jacques Gautier (UMP), vice-président de la Commission de la défense et des forces armées

Dans leur rapport 2011, en quatre pages, nos sénateurs avaient détaillé le fond du problème en regrettant que d'année en année, l'achat de 11 Rafale par an sur le budget de l'armée de l'Air, tant qu'il ne serait pas exporté,  interdisait à celle-ci de moderniser ses autres équipements, parmi lesquels un excellent avion de combat, le Mirage 2000-D, qui a fait toutes ses preuves et ceci en contradiction avec le Livre blanc.

Le texte explique que cette opération de rénovation à mi-vie « vise à doter le Mirage 2000-D d’une polyvalence limitée (air-sol, air-air et ROEM (renseignement d’origine électromagnétique) afin de compenser le retrait de service des flottes anciennes et assurer la cohérence de la flotte de combat à l’horizon 2018.»

Document : Extrait de l'Avis présenté au nom de la Commission (Tome VI : Défense : Équipement des Forces) (Source: Sénat)

Prenant en compte le retour d’expérience opérationnel, le besoin est de :
- pouvoir assurer la posture permanente de sûreté (PPS), en prévision du retrait des Mirage F1, des Mirage 2000-C et Mirage 2000-5 entre 2011 et 2020 ;
- mettre à niveau sa capacité d’autodéfense ;
- traiter des obsolescences du système d’armes.

Pour y répondre, les principales performances opérationnelles sont :
- d’assurer des missions air-air par l’ajout d’un nouveau radar, interrogateur IFF, la conduite de tir de missiles air-air MICA ;
- d’améliorer les conduites de tir air-sol (conduite de tir générique) ;
- d’assurer les missions de ROEM avec l’intégration a minima du pod ASTAC2 actuellement déployé sur les Mirage F1.
Le coût du programme était évalué à 740 millions d’euros en 2009.

Cette opération a été à nouveau reportée sur 2012.

Observations réitérées de vos rapporteurs sur le report du programme de rénovation à mi-vie du Mirage 2000-D

I – Le Mirage 2000-D aujourd’hui et le contour envisagé de la rénovation


Départ en mission d'un Mirage 2000-D

Le parc actuel de Mirage 2000-D se compose de 77 appareils, dont 66 en ligne, principalement mis en œuvre par les escadrons de Nancy ; le Mirage 2000-D participe simultanément aux opérations en Afghanistan (six appareils) et au dispositif de forces prépositionnées à Djibouti (trois appareils).

Appareil mono-mission, conçu au moment de la guerre du Golfe, pour un scénario de haute intensité, le Mirage 2000-D fut livré dans les années 1990. Son système d’armes s’articule autour de ses capacités air-sol : missiles de croisière (SCALP et APACHE) et armement guidé laser (bombes de 250 et 1000 kg équipées de kit de guidage). Son radar optimisé pour le suivi de terrain ne lui permet pas de détecter une cible aérienne au-delà de 10 km. Cette limitation lui interdit les missions de police du ciel dans le cadre de la posture permanente de sureté.

L’armée de l’air, confrontée sur le théâtre afghan à la nécessité d’appuyer au mieux les troupes au sol lorsqu’elles sont au contact, mais aussi de réduire les risques de tir fratricide, a procédé rapidement à l’intégration de capacités nouvelles. Ces capacités intégrées a minima comprennent des moyens de communication avec les troupes, des armements pouvant être tirés sur coordonnées avec une grande précision, un nouveau pod de désignation laser.

Elles ont toutes été acquises dans l’urgence, avec des fonctionnalités partielles et sur une partie seulement de la flotte. Elles ont démontré qu’il était possible d’adapter cet avion de combat à des conflits de basse intensité.

Confrontée à une réduction drastique de la flotte de combat, l’armée de l’air a dû accélérer les plans de retrait des avions anciens et ne mettra plus en œuvre que deux flottes en 2018 : le Rafale et le Mirage 2000-D. Sous forte contrainte financière, la flotte Mirage F1CR a fait l’objet d’un plan de retrait accéléré et s’arrêtera définitivement à l’été 2014. Ce vecteur rustique porte deux capacités jugées primordiales : le renseignement image, capacité sur le point d’être reprise par le Rafale avec le pod RECO NG, et le renseignement électronique avec l’emport du pod ASTAC.

Ce dernier permet à la fois d’établir l’ordre de bataille adverse (identification des différents systèmes de défense adverses) et de programmer les systèmes de contre-mesures électroniques. Seul l’emport sous un avion de chasse permet à la fois de monter assez haut pour une couverture lointaine et de pénétrer en basse altitude et à grande vitesse afin d’inciter l’adversaire à utiliser ses modes d’illumination ou de poursuite des cibles. L’armée de l’air avait planifié l’emport de ce pod sous Mirage 2000-D rénové ; le report de l’opération ouvre aujourd’hui un vide capacitaire d’au moins 5 ans qui prive la France d’une autonomie d’appréciation de la situation et de programmation en guerre électronique.

Cette situation inquiète la Direction du Renseignement militaire.

Enfin cette rénovation comprend l’acquisition de capacités air-air, tout d’abord par le remplacement de l’actuel missile d’auto-protection Magic II qui sera retiré du service en 2018 par un missile plus performant : le MICA. Mais le périmètre technique comprend aussi l’adjonction d’un radar de pointe RDY3, issu du RC400 vendu à l’export par Thales. Cet ensemble radar-missile permettrait à l’avion de pouvoir opérer seul, sans protection aérienne sur un territoire basse intensité (Sahel, Djibouti,…), mais aussi de pouvoir assurer la mission d’alerte de défense aérienne et de police du ciel en France ou à l’étranger (mission OTAN dans les pays baltes).

État de la flotte de combat en 2018-2020 : 

Le Livre blanc prévoit une composante aérienne de combat modernisée et constituée d’un parc homogène de 300 avions de combat dont 270 en ligne. Le plan de déflation actuel des flottes anciennes et l’absence, à ce jour, d’export Rafale permettent de prédire finement le nombre d’avions en ligne au sein de l’armée de l’air pour la décennie. Ce graphe prend en compte le scénario de repli export, le dernier plan air de gestion de fin de vie du Mirage F1, l’écrêtage à 11 Rafale livrés par an pour les années post LPM1 et le report prévu de la rénovation du Mirage 2000-D.


Flotte des avions de combat français -- Document du Sénat

Il apparaît qu’à partir de 2018, le nombre d’avions de chasse en ligne dans les armées se stabilise aux alentours de 230 en y incluant les Mirage 2000-D rénovés et les Rafale de la 5ème tranche dont la contractualisation n’est encore aujourd’hui qu’une hypothèse. Ce qui représente une réduction de 15% par rapport au Livre Blanc.

En 2018, lors de la mise en service des tout premiers Mirage 2000-D rénovés, les armées possèderont environ 140 Rafale en ligne ; et en 2020, il n’y en aura guère plus de 160 complétant l’unique autre flotte constituée de Mirage 2000-D. A cette échéance de 10 ans, le Mirage 2000-D représentera plus de 25 % de la flotte de combat.

Dans un scénario plus pessimiste, du fait de ses nombreuses obsolescences techniques et opérationnelles, le Mirage 2000D sera retiré du service à partir de 2018 s’il n’est pas rénové. La flotte de combat s’écroulera aux alentours de 150 avions en ligne en comptant les Rafale air et marine. A titre de comparaison, l’Arabie Saoudite comptera près de 280 avions de combat modernes et polyvalents de type Typhoon et F15-S à la même période.

Il convient de souligner que la posture permanente de sécurité française et la dissuasion monopolisent un potentiel technique avion et humain équivalent à deux escadrons chacune, soit un volume de 80 avions dédiés à ces deux missions permanentes. A cette époque, il faudra toujours déployer une dizaine de chasseurs polyvalents entre les EAU et Djibouti pour tenir l’ensemble des contrats régionaux et bilatéraux de défense. Si le Mirage 2000-D n’est pas rénové et polyvalent, l’ensemble de ces contrats, soit en tout près de 90 avions, sera tenu par des Rafale air. Par conséquent, l’armée de l’air ne pourra plus répondre à une quelconque sollicitation extérieure. Dans le meilleur des cas, elle pourrait fournir quelques Mirage 2000-D dans le périmètre actuel et très restreint de ses capacités alors que le fleuron de sa flotte, le Rafale, serait cantonné à des missions de protection du territoire national et de pré-positionnement.


Le couple Rafale - Mirage 2000D et le principe de dualité des flottes

C’est pourquoi il est stratégiquement important de posséder deux flottes de combat différentes simultanément. Cette complémentarité permet de se prémunir contre les aléas dans les tuilages calendaires de remplacement des flottes, contre les ruptures technologiques brutales ou contre les écueils techniques prévisibles (anomalie technique ou logicielle grave nécessitant une intervention de plusieurs jours). L’ensemble de la flotte Eurofighter vient d’être arrêtée en Europe pendant plus d’une semaine suite à la perte d’un avion en Espagne. Deux ans auparavant, l’USAF avait dû interdire de vol ses 800 F-15 après deux ruptures de cellule. Ce    est communément adopté chez nos alliés (USA : F-15 et F-16 puis F-22 et F-35, UK : Typhoon et JSF, Italie : Eurofighter et JSF, Espagne : F-18 et Eurofighter) mais aussi chez les Russes.

Seule la rénovation de l’ensemble de la flotte Mirage 2000-D permettant une accession à la polyvalence restituera une véritable marge de manœuvre opérationnelle et technique acceptable pour affronter la longue période de réduction temporaire du format qui s’annonce. A ce titre, l’armée de l’air a toujours qualifié cette opération de « véritable assurance vie de la flotte de combat » ; elle maintient et martèle depuis plusieurs années qu’il s’agit de la seule solution pour ne pas déclasser l’aviation de combat française et lui restituer un peu de souplesse de gestion en dépit du format. Malgré tout, l’opération de rénovation du Mirage 2000-D a subi six années de décalage en quatre exercices annuels de programmation budgétaire et semble aujourd’hui menacée d’abandon.

Enjeux industriels et économiques

Dans les années à venir, les réductions financières au ministère de la défense, le grand écart entre la production Rafale, le financement du développement de nouvelles fonctionnalités et l’échec possible de l’export vers les EAU vont placer les industriels nationaux en grande difficulté. Ils seront probablement incapables de conserver l’ensemble des savoir-faire actuellement détenu dans leurs bureaux d’études faute de travaux.

La rénovation du Mirage 2000-D offre à l’industrie française l’opportunité de traverser cette période délicate en maintenant du développement et de la production. C’est notamment le cas pour Thales qui a développé le radar pour les marchés export de rénovation.

L’abandon de cette rénovation interromprait cette logique et mettrait Thales et ses sous- traitants en difficulté.

 
Jean-Louis Carrère, président (PS) de la Commission de défense du Sénat

II.- Observations de vos rapporteurs

Le budget alloué à cette rénovation a fait l’objet d’un cadrage de 741 millions d’euros pour une cible initiale de 77 appareils, soit un coût unitaire de moins de 10 millions d’euros. Soit un investissement modeste au regard des résultats escomptés de pérennité et d’acquisition d’une polyvalence au profit d’une flotte aguerrie, que l’armée de l’air a adapté au fil des opérations, qui don

La loi de finances pour 2010, prévoyait que la rénovation du Mirage 2000-D devait bénéficier de 36 millions d’euros d’autorisations d’engagement et 5 millions d’euros de crédits de paiement. L’ensemble des opérations de rénovation des Mirage était évalué à 700 millions d’euros sur cinq ans.

L’ambition du Livre blanc d’aboutir à une flotte homogène et polyvalente constituée de Mirage 2000-D et de Rafale était de bon sens. Elle permettait de gagner en souplesse d’utilisation et de réduire le format des flottes les plus anciennes dont le soutien est d’autant plus coûteux qu’il impose de conserver des chaînes logistiques particulières pour chaque type d’appareil et parfois pour quelques unités seulement. On rappelle que l’aviation de combat a fait l’objet d’une attention toute particulière lors de l’élaboration du Livre blanc et que le format et la composition de la flotte ont été pesés mûrement réfléchies et calculées au plus juste.

Le Mirage 2000-D est un avion relativement récent qui joue un rôle déterminant dans la capacité de projection de puissance de l’armée de l’air. Mis à part le Rafale, il compte parmi les meilleurs avions de combat français. Sa rénovation lui permettra d’acquérir davantage de polyvalence et permettra de valoriser les investissements déjà consentis en tirant le maximum du potentiel de cet avion. D’autant qu’il s’agit d’un appareil mature dont le coût de possession est maîtrisé, qui est présent en opération et qui permet une montée en puissance progressive du Rafale.

Cette opération de rénovation est très importante pour les industriels concernés. Il s’agit non seulement de Thales, mais aussi de PME à forte valeur technologique qui risquent tout simplement de faire faillite si l’opération ne se fait pas. C’est le cas en particulier à REALMECA, qui a par ailleurs des compétences critiques dans la construction du Rafale. La rénovation du Mirage 2000 assurerait du travail à cent cinquante personnes chez Thales pendant quatre ans dans la région Aquitaine et permettrait à REALMECA d’employer trente personnes, sur un total de cent trente personnes. En outre, il est prévu qu’une partie de la rénovation sera confiée au SIAe (Services Industriels de l’Aéronautique) à Clermont Ferrant.

Dans ce contexte, le fait qu’il n’y ait pas encore eu de contrat export du Rafale accroît le rythme de ce que l’on pourrait appeler la « rafalisation » de la flotte, mais laisse inchangé les objectifs du Livre blanc et donc les formats de Rafale comme de 2000-D. Cette montée en charge plus rapide que prévue ne doit donc pas remettre en cause l’opération de rénovation, sauf à sortir de l’épure du Livre blanc et à réduire considérablement le format de l’aviation de combat française.

Source : « Avis numéro 108 Tome VI, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.» (PDF)

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[1] Sur les drones :

Interventions en séance (extraits)

[2] Documents officiels :

[3] « Le drone présidentiel : celui qui surgit avec chaque élection » in European-Security (Intervention de Jeanny Lorgeoux)

[4] « Afghanistan : Retour à la guerre classique ? » : Sur la chronologie d'une embuscade par le général Benoît Puga (15.09.2008).

[5] « Avis numéro 108 Tome VI, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.» (PDF)

[6] Voir « Le marteau-tournevis n’existe pas ! » (Intervention de Daniel Reiner) et « Le choix du Héron TP totalement israélien ne profitera pas à Dassault-Thales in European-Security » (Intervention de Jacques Gautier).

[7] Dans l'Avis présenté au nom de la Commission (Tome VI : Défense : Équipement des Forces) par MM. Xavier Pintat (UMP) et Daniel Reiner (PS) précisent en ce qui concerne les hélicoptères : « La rénovation du parc d’hélicoptères Cougar a pour objectif de réduire la vulnérabilité des hélicoptères face à la menace sol-air, par le renforcement des contre-mesures électroniques, d’améliorer les capacités opérationnelles en termes de surveillance et de traiter les obsolescences. Les Cougar rénovés bénéficieront d’une architecture avionique proche de celle d’hélicoptères récents d’Eurocopter tels que les EC225/EC725. Cette opération doit permettre de doter ces hélicoptères d’une vingtaine d’année de potentiel supplémentaire. La rénovation a porté sur un total de 26 appareils, dont 23 pour l’armée de terre (Cougar-Far) et 3 pour l’armée de l’air (Cougar-Gam). 21 commandes ont été effectuées (dont les trois de l’armée de l’air). En 2012, 5 commandes devraient avoir lieu, ainsi que les 4 premières livraisons pour l’armée de Terre. Le coût total du programme est de 280 millions d’euros aux prix 2011. Le coût par appareil est de l’ordre de la dizaine de millions d’euros. (Source : Sénat)

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L'ATL2 a été produit à 28 exemplaires depuis sa mise en service en 1991 et a réalisé plus de 100 000 heures de vol. C'est une version profondément modifiée de l'ATL1. Il en conserve la majeure partie de la cellule et les moteurs, à l'exception du groupe auxiliaire de puissance dont la puissance a été augmentée. Le système d'armes, à vocation anti-surface et anti-sous-marine, a été complètement modifié : tous les capteurs ont été changés, auxquels ont été adjoints un système de traitement de données et un bus numérique. L'ATL2 peut emporter, en soute exclusivement, jusqu'à 2 AM-39 Exocet, jusqu'à 8 torpilles Mk 46 ou MU90, ou un panachage (1 Exocet et 3 torpilles), des grenades, des bombes GBU12GBU58, des lance-bombettes d'exercice, des conteneurs SAMAR ou SATER ; une capacité de largage de bombes guidées laser a été récemment ajoutée. La masse normale au décollage est portée à 46 tonnes. l'autonomie est de 12h, dont 8h de patrouille à la vitesse optimale (qui consomme 1 200 kg de kérosène à l'heure) de 180 nœuds (333 km/h) sur une zone à 500 nautiques de sa base avec 4 h de transit à 270 nœuds (500 km/h). La vitesse maximale est de 350 nœuds (648 km/h). Le domaine de vol autorisé va de 100 pieds d'altitude à 30 000 pieds, bien que les vols au-delà de 26 000 pieds soient exceptionnels. Les bouées peuvent être larguées jusqu'à 15 000 pieds mais l'altitude idéale pour obtenir une bonne précision est 1 000 pieds, avec une limite basse de 500 pieds5. Le radar DRAAA-10B Iguane à compression d'impulsion est capable de détecter des cibles de très faibles dimensions même par mer forte. La portée peut atteindre 30 nautiques sur un Schnorchel de sous-marin , 60 nautiques sur un patrouilleur rapide et 120 nautiques sur un navire marchand.

Depuis le mois de 


, les Atlantique 2 ont reçu un complément de capacité de bombardement qui leur permet d'emporter en soute et de larguer quatre bombes à guidage laser GBU-12 Paveway II. Cette capacité a été mise en œuvre lors de l'opération Serval pour la libération du Mali pendant laquelle les Atlantic 2 ont tiré plusieurs bombes à guidage laser sur des positions terroristes. La capacité de tirer en toute autonomie avec l'utilisation d'un pod de désignation laser ne sera acquise que lors de la livraison des ATL2 rénovés en 2017. En attendant l'éclairage laser nécessaire au guidage de la bombe est effectué par un autre avion, un drone ou un TacP (contrôleur aérien avancé) au sol 8. Depuis novembre 2014, l'Atlantique 2 peut coordonner l'action d'autres avions pour la reconnaissance et la frappe au sol. En juin 2015, l'Atlantique 2 fait le premier tir opérationnel de la torpille MU90. En août 2015, il largue ses premières bombes laser GBU-12 durant l'opération Chammal.

En 2013 la DGA a notifié une commande d’un coût global de 700 millions d’euros pour rénover 15 des 22 ATL2 encore en ligne dans l'aéronavale française et leur permettre rester opérationnels au-delà de 2030. Le premier appareil rénové doit être livré en 2019, les suivants arrivant au rythme de deux à trois avions par an, le quinzième devant être livré vers 2023. Les principales amélioration sont :

  • Remplacement du radar DRAAA-10B Iguane par le nouveau radar à antenne active Searchmaster équipé d’une antenne active AESA, qui utilise les technologies du radar RBE2 AESA du Rafale qui apporte de multiples amélioration : portée augmentée, couverture à 360° degrés, balayage électronique vertical, permettant de couvrir simultanément des distances courtes et longues avec une détection assurée dans des conditions d’environnement extrêmes. Ce radar multifonction, d'un poids très léger de 75 kg, assuera les missions de lutte anti-sous-marine, de lutte antisurface, de patrouille maritime, de lutte aéroterrestres et de support aérien tactique. Il est optimisé pour détecter à longue portée de petits mobiles de surface, y compris les périscopes de sous-marins par mer formée, sur 360° et jusqu'à une portée de 200 nautiques. Il sera également en mesure de repérer des aéronefs, y compris de petits engins volant à très basse altitude, comme des drones. Il peut poursuivre simultanément 1 000 pistes et offrira selon la DGA aux ATL2 rénové des capacités comparables à celles des P-8A Poseidon américains. Le premier vol d'un ATL2 équipé d'un radar Searchmaster est effectué le 29 janvier 2016.
  • Ajout d’une boule optronique électro-optique Wescam MX-20D qui permet aussi la désignation de cibles et la réalisation de bombardements en autonomie grâce à l’emport de bombes guidées GBU12.
  • Remplacement des consoles de visualisation tactique du système de combat LOTI (Logiciel Opérationnel de Traitement de l’Information) par un nouveau modèle offrant une représentation de la situation beaucoup plus performantes.
  • Modernisation des moyens de lutte anti-sous-marine avec un nouveau sous-système de traitement acoustique numérique utilisant de nouvelles bouées acoustiques avec un système de traitement de données multistatique, avec positionnement par satellite et possibilité de les faire dialoguer entre elles afin d’améliorer l'analyse des bruits. Source: Wikipedia.

 

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